baisse des carburants le 1er novembre
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé le lundi 12 octobre 2026 une baisse du prix du gazole à la pompe à partir du dimanche 1er novembre 2026. L’État va vendre aux distributeurs, à prix coûtant, 10 millions de barils de gazole puisés dans les stocks stratégiques français, pendant trois mois. Le gouvernement vise une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre, soit environ 10 euros d’économie sur un plein. Le fioul domestique et le gazole non routier sont aussi concernés. Montant réel à attendre, calendrier, stations concernées, engagements des distributeurs et moyens de contrôler les prix, voici ce qu’il faut savoir.
Le principe de la mesure a d’abord été présenté par le gouvernement le 7 octobre 2026 sur le site officiel info.gouv.fr, sans date d’application précise. Le lundi 12 octobre 2026, Sébastien Lecornu a réuni à Matignon les principaux distributeurs de carburant, puis il a fixé le calendrier dans une vidéo publiée sur le réseau social X. « Nous allons utiliser nos stocks stratégiques pour diminuer votre facture de gazole », a déclaré le Premier ministre, selon des propos rapportés par L’Express.
Le calendrier annoncé par le gouvernement et repris par l’AFP est le suivant :
Un décret doit encadrer cette libération de stocks, habituellement réservée aux crises d’approvisionnement. Selon info.gouv.fr, ce texte a été notifié à l’Agence internationale de l’énergie. Les volumes sont répartis entre les opérateurs en fonction de leurs parts de marché de 2025, et ces derniers disposeront d’un an pour reconstituer les stocks.
Le gouvernement annonce une baisse moyenne de 12 à 18 centimes par litre de gazole, soit environ 10 euros d’économie par plein selon Matignon. Il s’agit d’une moyenne nationale. Info.gouv.fr précise que la baisse variera d’une station à l’autre.
Pour un plein de 50 litres, une baisse de 12 à 18 centimes représente une économie de 6 à 9 euros, selon le calcul du site spécialisé Kelwatt. Avec un plein par semaine pendant les trois mois du dispositif, l’économie atteindrait 78 à 117 euros.
Ce gain est à rapporter au niveau actuel des prix. Le gazole se vendait en moyenne 2,36 euros le litre la semaine du 2 octobre 2026, d’après la Direction générale de l’énergie et du climat citée par Kelwatt. L’Express relève un prix de 2,35 euros le litre la semaine précédant l’annonce. TotalEnergies maintient par ailleurs le plafond de 2,25 euros par litre appliqué dans ses 3 300 stations depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
Lors de l’annonce du 12 octobre 2026, le Premier ministre a précisé que la baisse ne se limitera pas au gazole des automobilistes. Les carburants concernés sont les suivants :
Le sans-plomb n’est pas concerné par le dispositif. Pour le fioul de chauffage, le point de départ est élevé. Le litre de fioul livré coûtait 1,91 euro TTC au relevé du 2 octobre 2026 pour des livraisons de 2 000 à 4 999 litres, selon Selectra.
La Corse et les territoires d’outre-mer bénéficieront de dispositions adaptées, car leur approvisionnement en carburant fonctionne différemment, selon L’Express. Le détail de ces modalités n’a pas été rendu public à ce jour.
La France est tenue de conserver des stocks de produits pétroliers représentant au moins 90 jours d’importations nettes. Ils sont pour l’essentiel constitués et gérés par la SAGESS, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, et répartis dans plus de 80 sites, dont le principal se trouve à Manosque. Selon Boursorama, le stock stratégique de gazole atteint 50 millions de barils. Les 10 millions de barils mis sur le marché en représentent donc environ 20 %. À titre de comparaison, la France consomme environ 54 millions de barils de gazole en trois mois.
Le levier financier tient à l’écart de prix. D’après Matignon, ces stocks ont été achetés avant la flambée des cours, à environ 0,28 euro le litre, alors que le gazole s’échange autour de 1,10 euro le litre sur le marché, hors coûts de distribution, accise et TVA. Les vendre à leur prix d’achat permet de faire baisser le prix payé par les distributeurs sans dépense budgétaire nouvelle. Le gouvernement a écarté une baisse des taxes, jugée incompatible avec la situation des finances publiques, au moment où le projet de budget 2027 présenté le 1er octobre 2026 est débattu.
La mesure s’inscrit dans un cadre international. Selon Kelwatt, elle découle d’un accord conclu par le G7 le 2 octobre 2026 sur la mise sur le marché coordonnée de 100 millions de barils de produits pétroliers, en réponse à la hausse des prix liée aux conflits au Moyen-Orient et en Ukraine.
Selon info.gouv.fr, les principaux distributeurs, qui représentent environ 60 % du marché, se sont engagés à répercuter intégralement la baisse. Les annonces des enseignes restent toutefois à suivre de près.
Patrick Pouyanné a promis une baisse de 8 à 12 centimes par litre de gazole pour les particuliers dans les stations TotalEnergies, selon Le Monde cité par Economie Matin. L’AFP évoque de son côté un engagement d’environ 10 centimes. Ces chiffres se situent en dessous de la fourchette de 12 à 18 centimes avancée par le gouvernement. Michel-Édouard Leclerc a également promis des prix en baisse, sans chiffre précis rapporté. Pour les stations indépendantes, Francis Pousse, de l’organisation professionnelle Mobilians, assure que la baisse sera répercutée « dès qu’on aura du prix remisé, notre marge étant fixe quel que soit le prix ».
Les stations rurales font l’objet d’un traitement particulier. Environ 300 stations isolées, situées à plus de 10 kilomètres les unes des autres, recevront des avances de trésorerie et l’appui d’un fonds dédié, afin de pouvoir baisser leurs prix dès le 1er novembre sans attendre les livraisons physiques de carburant remisé.
L’État promet un suivi régulier. La DGCCRF surveillera les prix d’achat et les marges, et le gouvernement publiera chaque semaine les volumes libérés, les baisses de coût appliquées et les prix moyens à la pompe. Si un opérateur ne joue pas le jeu, le gouvernement pourra plafonner les marges par décret. Le syndicat agricole FNSEA a salué « un signal fort ».
Le site officiel prix-carburants.gouv.fr permet de comparer les prix pratiqués par les stations-service, par commune, par type de carburant ou sur un itinéraire. Les stations qui vendent au moins 500 mètres cubes de carburant par an sont tenues d’y déclarer leurs prix et de les mettre à jour à chaque changement.
Pour suivre l’évolution réelle de la baisse, Selectra recommande une méthode simple :
Un prix isolé ne prouve rien à lui seul, car les cours du pétrole continuent d’évoluer et une station peut encore écouler du carburant acheté avant le déstockage. En cas d’écart persistant, il est possible de faire un signalement sur la plateforme publique SignalConso, rubrique carburant, en conservant le ticket de caisse, une photo du prix affiché et la date du plein.
Info.gouv.fr indique que la baisse du prix du gazole s’ajoute aux aides existantes. C’est le cas de l’aide carburant destinée aux travailleurs qui utilisent leur véhicule pour se rendre au travail. Selon Selectra, une seconde aide de 100 euros a été annoncée le 22 septembre 2026 pour la période d’octobre à décembre. Les conditions sont détaillées dans notre article sur ce qui a changé le 1er octobre 2026 pour votre budget.
Pour les foyers chauffés au fioul, le chèque énergie peut servir à régler une livraison, à condition que le fournisseur l’accepte. Comparer plusieurs devis et se renseigner sur une éventuelle commande groupée organisée par la commune restent des leviers utiles, tout comme les gestes présentés dans notre guide pour faire baisser le coût de ses factures d’énergie.
Le dispositif est prévu pour trois mois. Sébastien Lecornu n’a pas indiqué si les réserves stratégiques seraient de nouveau sollicitées après le 31 janvier 2027, relève Economie Matin. L’évolution des prix au-delà de cette date dépendra des cours internationaux du pétrole et de la situation géopolitique. Patrick Pouyanné s’est dit optimiste sur une détente des prix du gazole, en évoquant un accord entre Washington et Moscou sur le gazole russe, un point qui suscite des inquiétudes en Europe.
Non. Le dispositif porte sur le gazole routier, le gazole non routier et le fioul domestique. Le sans-plomb n’est pas concerné.
Non. La fourchette de 12 à 18 centimes par litre est une moyenne nationale. Le gouvernement indique que la baisse variera selon les stations, et l’engagement de TotalEnergies pour les particuliers est de 8 à 12 centimes.
C’est l’objectif affiché. Environ 300 stations rurales isolées recevront des avances de trésorerie et un fonds dédié pour appliquer la baisse dès le 1er novembre 2026.
L’opération est prévue de novembre 2026 à janvier 2027, jusqu’au 31 janvier 2027. Aucune prolongation n’a été annoncée à ce jour.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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