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Budget 2027 présenté le 1er octobre 2026, ce qui pourrait changer pour vos impôts, votre retraite et vos aides

Budget 2027 présenté le 1er octobre 2026, ce qui pourrait changer pour vos impôts, votre retraite et vos aides
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Le gouvernement de Sébastien Lecornu a présenté le jeudi 1er octobre 2026 en Conseil des ministres son projet de loi de finances (PLF) et son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. L’exécutif annonce un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public à 5 % du PIB. Retraites, impôt sur le revenu, point d’indice des fonctionnaires, arrêts maladie, aides au logement, chèque énergie et donations sont concernés. Voici ce que contient le projet, qui est visé et à partir de quand ces mesures pourraient s’appliquer, sachant que le texte doit encore être débattu et voté par le Parlement.

Un effort de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit à 5 % du PIB

Le chiffre avait été avancé par Sébastien Lecornu dans un entretien publié le 17 septembre 2026. Le Premier ministre y évoquait « un effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros ». Selon le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel, cet effort se décompose en 9 milliards d’euros issus de mesures déjà engagées en 2026 et 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux inscrits dans le PLF et le PLFSS.

L’objectif affiché est un déficit public de 5 % du PIB en 2027, contre 5,4 % attendus pour 2026. Sans ces mesures, le déficit atteindrait 6,5 % du PIB selon les chiffres du gouvernement. La dette publique devrait atteindre 121,7 % du PIB, un niveau record, et la charge des intérêts de la dette est estimée à 91 milliards d’euros en 2027, contre 79 milliards en 2026. Le gouvernement table sur une croissance de 1 % l’an prochain.

La conférence de presse de présentation, organisée à Bercy, réunissait Roland Lescure, ministre de l’Économie, David Amiel, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, et Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Le budget arrive à un peu plus de six mois de l’élection présidentielle, dans un contexte de forte tension sur les marchés financiers.

Le barème de l’impôt sur le revenu ne sera pas gelé

Pour les ménages imposables, c’est la principale information. Le 18 septembre 2026, David Amiel a écarté tout gel du barème. « Il n’y aura pas de gel du barème de l’impôt sur le revenu. C’est extrêmement important dans une période où l’inflation augmente », a déclaré le ministre. Les tranches du barème seront donc revalorisées pour tenir compte de l’inflation, ce qui évite qu’un contribuable dont le revenu progresse au même rythme que les prix ne paie davantage d’impôt. Le taux exact de revalorisation appliqué aux revenus de 2026, imposés en 2027, n’avait pas été rendu public avant la présentation du projet.

Le ministre a également indiqué que la prime de partage de la valeur, souvent appelée « prime Macron », et le dispositif de rachat de jours de RTT seraient prolongés. Pour bien comprendre comment ces évolutions se répercutent sur votre feuille d’impôt, notre guide pour lire et vérifier son avis d’imposition 2026 détaille le rôle du revenu fiscal de référence et du taux marginal.

Quelles retraites seront revalorisées en 2027 ?

Les retraités sont parmi les plus concernés par le projet. Le 30 septembre 2026, Jean-Pierre Farandou a précisé les seuils retenus dans un entretien au magazine Challenges. Les pensions inférieures ou égales à 1 260 euros par mois, soit environ 85 % du Smic, bénéficieraient d’une revalorisation totale, alignée sur l’inflation. Au-delà de ce montant, les pensions seraient sous-indexées ou désindexées.

D’après l’avant-projet vu par Le Monde et relayé par Moneyvox et Europe 1, le mécanisme fonctionnerait en trois paliers :

  • pensions jusqu’à 1 260 euros par mois, revalorisation complète sur l’inflation ;
  • pensions comprises entre 1 260 et 2 034 euros, revalorisation partielle, inférieure à l’inflation ;
  • pensions supérieures à 2 034 euros, pas de revalorisation en 2027.

Le montant pris en compte cumule la retraite de base et la retraite complémentaire. Cette mesure doit rapporter 4,1 milliards d’euros. Sébastien Lecornu a résumé l’intention du gouvernement en affirmant que « les petites retraites seront protégées ».

L’abattement fiscal de 10 % des retraités plafonné à 3 000 euros

Deuxième levier visant les retraités, l’abattement de 10 % appliqué aux pensions pour le calcul de l’impôt sur le revenu serait réduit. Son plafond passerait de 4 439 euros à 3 000 euros par foyer fiscal. Concrètement, seuls les retraités dont l’abattement dépasse aujourd’hui 3 000 euros, c’est-à-dire ceux qui déclarent plus de 30 000 euros de pensions par an pour le foyer, verraient leur revenu imposable augmenter.

Cette mesure rapporterait 1,4 milliard d’euros. Ajoutée à la sous-indexation des pensions, l’effort demandé aux retraités atteint 5,5 milliards d’euros. Selon Europe 1, une disposition identique avait été votée par le Sénat à l’automne 2025 avant d’être écartée lors de la suite des discussions budgétaires.

Fonctionnaires, le point d’indice reste gelé en 2027

Le projet confirme le gel du point d’indice, qui sert de base au calcul du traitement des agents publics. La mesure représenterait environ 2 milliards d’euros d’économies. C’est elle qui a motivé la journée de mobilisation du mardi 29 septembre 2026, à l’appel des huit organisations syndicales de la fonction publique. Plus de 200 000 personnes ont manifesté ce jour-là selon les chiffres relayés par la presse. Nous avions détaillé les enjeux de cette journée dans notre article sur la grève du 29 septembre 2026.

Le ministère du Travail doit par ailleurs réaliser 2,5 milliards d’euros d’économies, et les collectivités locales sont appelées à réduire leurs dépenses de 5,4 milliards d’euros.

Santé et arrêts maladie, les économies prévues pour la Sécurité sociale

Le PLFSS vise à réduire nettement le déficit de la Sécurité sociale. Jean-Pierre Farandou a évoqué un passage de 22 milliards d’euros en 2026 à « 12 ou 13 milliards » en 2027. Plusieurs leviers sont prévus ou déjà engagés.

Les arrêts maladie représentent environ 2 milliards d’euros d’efforts annoncés par le Premier ministre. Un décret en préparation abaisserait le plafond de salaire pris en compte pour le calcul des indemnités journalières, pour une économie estimée à 270 millions d’euros. Les dépenses d’indemnités journalières atteignaient 17,9 milliards d’euros en 2025.

Côté remboursements, Moneyvox indique une baisse de la prise en charge des soins dentaires de 60 % à 50 % et des transports sanitaires de 55 % à 50 % à partir de janvier 2027. Le plafond annuel des franchises médicales est quant à lui déjà passé de 100 à 140 euros, une mesure en vigueur depuis le 1er octobre 2026 que nous avons détaillée dans notre article sur ce qui change le 1er octobre 2026. Une hausse de la taxe sur les contrats de complémentaire santé, à hauteur de 500 millions d’euros, figure aussi parmi les recettes attendues, ce qui pourrait se répercuter sur le prix des mutuelles.

APL, chèque énergie, donations, ce qui change pour les familles

Le ministre du Logement Vincent Jeanbrun a annoncé un gel des aides personnalisées au logement (APL) en 2027. Les allocataires ne bénéficieraient donc pas de la revalorisation habituelle de leurs aides.

Le chèque énergie est maintenu. Le gouvernement a annoncé le 22 septembre 2026 que son versement serait avancé d’avril à janvier 2027. Le barème actuellement en vigueur prévoit des montants compris entre 48 et 277 euros selon les revenus et la composition du foyer. Les bénéficiaires qui n’auraient pas encore utilisé ou réclamé leur chèque 2026 ont jusqu’au 31 décembre 2026 pour le faire. Pour réduire vos dépenses d’énergie en parallèle, consultez notre guide facture EDF trop élevée, que faire.

Pour les familles, le projet prévoit la création d’un « prêt à taux zéro natalité » destiné à faciliter l’accès à la propriété des ménages qui attendent un enfant ou ont un enfant de moins de trois ans. Les donations familiales seraient également favorisées. Matignon a annoncé le 12 septembre 2026 un relèvement temporaire du plafond d’exonération de 31 865 euros à 50 000 euros. Selon Tout sur mes finances, un taux réduit de 6 % s’appliquerait aux montants donnés jusqu’à 100 000 euros, uniquement en 2027.

Grandes entreprises et produits sucrés mis à contribution

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des très grandes entreprises est reconduite, mais à un niveau plus faible. Elle rapporterait 5 milliards d’euros par an au lieu d’environ 8 milliards, et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) sortiraient de son champ. Une taxe supplémentaire de 800 millions d’euros viserait les sociétés concessionnaires d’autoroutes et d’aéroports, et les exonérations de cotisations patronales seraient limitées.

Une taxe sur les produits transformés trop sucrés est aussi « sur la table », selon le ministre du Commerce Serge Papin, qui l’a évoquée le 30 septembre 2026 en invoquant un enjeu de santé publique lié à l’obésité et au diabète. Elle rapporterait environ 200 millions d’euros. L’Association nationale des industries alimentaires (Ania) estime que ce seront in fine les consommateurs qui paieront. Au total, le taux de prélèvements obligatoires passerait de 43,9 % à 44,2 % du PIB, une hausse obtenue par la réduction de niches fiscales plutôt que par une augmentation générale des impôts.

Quand ces mesures s’appliqueront-elles ?

Rien n’est encore définitif. Le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale doivent être examinés par l’Assemblée nationale à partir de la mi-octobre 2026, puis par le Sénat. Les mesures ne s’appliqueront qu’une fois les textes adoptés et publiés au Journal officiel, en principe avant la fin de l’année 2026, plusieurs dispositions étant prévues pour janvier 2027.

L’adoption reste incertaine. Le gouvernement ne dispose pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Le Parti socialiste a prévenu qu’il censurerait le gouvernement si le texte n’évoluait pas, La France insoumise a annoncé son intention de voter la censure quoi qu’il arrive, tandis que Marine Le Pen a dit préférer un budget, même imparfait, à une loi spéciale. Sébastien Lecornu affirme pour sa part que le projet est très éloigné de l’austérité. Les seuils de revalorisation des retraites, le plafond de l’abattement ou le gel des APL pourront donc être modifiés au fil des débats.

Questions fréquentes sur le budget 2027

Mes impôts vont-ils augmenter en 2027 ?

Le barème de l’impôt sur le revenu sera revalorisé en fonction de l’inflation, ce qui neutralise l’effet de la hausse des prix pour un revenu stable en pouvoir d’achat. En revanche, les retraités qui déclarent plus de 30 000 euros de pensions par foyer verraient leur revenu imposable augmenter si le plafond de l’abattement de 10 % passe à 3 000 euros.

Ma retraite sera-t-elle revalorisée en janvier 2027 ?

Si le projet est adopté en l’état, oui pour les pensions totales inférieures ou égales à 1 260 euros par mois, partiellement entre 1 260 et 2 034 euros, et non au-delà de 2 034 euros.

Quand sera versé le chèque énergie 2027 ?

Le gouvernement prévoit un versement en janvier 2027, soit trois mois plus tôt que d’habitude. Cette avance doit encore être validée dans la loi de finances.

Le budget 2027 est-il définitivement adopté ?

Non. Le texte présenté le 1er octobre 2026 est un projet. Il doit être débattu, amendé et voté par le Parlement avant la fin de l’année.

Sources