grève blocage lycée
Le mardi 6 octobre 2026, plusieurs syndicats de l’Éducation nationale appellent les enseignants et les personnels à la grève pour soutenir la mobilisation lycéenne qui touche des centaines d’établissements depuis la fin du mois de septembre. La veille, le lundi 5 octobre, de nombreux lycées sont restés portes closes sur décision des rectorats ou des régions, avec des cours organisés à distance. Ce qui est fermé, qui appelle à la grève, ce que demandent les lycéens, ce que propose le gouvernement et comment s’organiser quand on est parent, voici l’essentiel.
Le mouvement est parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil, dans le Val-de-Marne, le 21 septembre 2026, selon le CIDJ et Planète Grandes Écoles. Il s’est ensuite étendu à l’Île-de-France puis à d’autres grandes villes, dont Marseille, Lille, Rennes et Strasbourg. En Normandie, les premiers blocages remontent au 29 septembre.
Les élèves mettent surtout en avant leurs conditions d’études. Les revendications relayées par la presse et par les syndicats portent sur plusieurs points :
Planète Grandes Écoles cite un indicateur qui revient souvent dans les débats, 9,8 % du temps d’enseignement prévu n’aurait pas été assuré en 2024-2025.
Le 30 septembre 2026, 356 lycées étaient perturbés en France, soit environ un sur dix, dont 45 totalement bloqués, selon les chiffres repris par Planète Grandes Écoles. Plus de 400 établissements avaient été fermés de manière préventive le vendredi 2 octobre.
Pour le lundi 5 octobre, les fermetures se sont multipliées. Plus de 160 lycées franciliens ont été fermés ce jour-là, et le nombre d’établissements où les cours sont suspendus était estimé entre 400 et 500 à l’échelle nationale. Dans l’académie de Toulouse, le rectorat a fermé 15 établissements, dont 10 dans l’agglomération toulousaine, 3 dans le Tarn-et-Garonne et 2 dans le Lot. En Normandie, la rectrice Natacha Chicot a décidé la fermeture d’au moins une vingtaine de lycées dans le Calvados, l’Eure et la Seine-Maritime, après des dégradations dans plusieurs établissements de l’agglomération rouennaise.
Les rassemblements ont aussi donné lieu à des tensions. Pour la seule journée du 30 septembre, Planète Grandes Écoles fait état de 625 interpellations et de blessés parmi les forces de l’ordre comme parmi les élèves et les personnels.
Dans un communiqué publié le 2 octobre 2026, le SNES-FSU, le SNUEP-FSU et le SNEP-FSU, qui représentent une grande partie des enseignants du second degré, appellent les personnels à la grève le mardi 6 octobre « en soutien aux mobilisations lycéennes ». Ils réclament davantage de moyens pour l’éducation et dénoncent la répression policière des rassemblements.
D’autres appels ont été lancés localement. En Côte-d’Or, une intersyndicale de six organisations (CGT Éduc’action, FNEC FP-FO, SUD Éducation, SNES-FSU, CFDT Éducation et UNSA Éducation) appelle à la grève avec le mot d’ordre « des moyens, pas la répression ». Elle prévoit une assemblée générale à 9 heures à la Bourse du Travail de Dijon puis un rassemblement à 14 heures devant le rectorat. En Ille-et-Vilaine, FO appelle à un rassemblement à 11 heures place de la République à Rennes et y ajoute des revendications salariales pour les personnels.
Côté élèves, l’Union syndicale lycéenne a appelé à poursuivre le mouvement, et la journée du 6 octobre est présentée comme une manifestation commune des lycéens et des étudiants.
Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a annoncé le 30 septembre une « grande plateforme de concertation » pour recueillir les demandes des lycéens. Selon VousNousIls, elle devait ouvrir le lundi 5 octobre 2026. Les élèves peuvent y contribuer seuls ou collectivement, et les recteurs doivent ensuite travailler sur les remontées de leur territoire avant un « événement de restitution national » dont la date n’a pas été fixée.
Le ministre a également demandé la réunion des conseils de la vie lycéenne et la tenue de conseils d’administration extraordinaires associant personnels, élèves et élus. Il a rappelé que manifester est une liberté fondamentale, tout en condamnant les violences et les blocages et en dénonçant une instrumentalisation politique de la jeunesse.
Les syndicats enseignants et les organisations lycéennes jugent ces annonces insuffisantes faute de mesures concrètes, notamment budgétaires. Une partie des enseignants estime aussi difficile à mettre en œuvre la consigne de cours à distance dans les établissements fermés.
Lorsqu’un établissement est fermé par décision administrative, le rectorat annonce une continuité pédagogique à distance. C’est le cas à Toulouse comme en Normandie pour la journée du 5 octobre. En pratique, les consignes arrivent par l’espace numérique de travail de l’établissement et par Pronote. Si vous n’êtes pas familier de l’outil, notre guide complet de Pronote détaille comment consulter les messages, le cahier de textes et l’emploi du temps.
Les décisions de fermeture sont prises au jour le jour, souvent la veille au soir. Le plus sûr est de consulter chaque soir les messages de l’établissement et les annonces du rectorat de votre académie, qui publie en général la liste des lycées concernés.
L’appel à la grève vise d’abord les personnels du second degré, mais certaines organisations appellent l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale. Des cours peuvent donc être supprimés au collège comme au lycée, sans que l’établissement soit fermé.
Dans les écoles maternelles et élémentaires publiques et privées sous contrat, la loi de 2008 sur le droit d’accueil impose à la commune d’organiser un service d’accueil des élèves lorsque 25 % au moins des enseignants d’une école sont en grève. Ce dispositif ne s’applique pas aux collèges et aux lycées. Pour les transports, les appels publiés concernent l’éducation, il reste prudent de vérifier l’état du trafic le matin même. Lors de la précédente journée de grève de la fonction publique, que nous avions détaillée dans notre article sur la grève du 29 septembre 2026, les perturbations avaient été très variables selon les régions.
Le contexte budgétaire pèse aussi dans les revendications des personnels, alors que le projet de budget présenté le 1er octobre prévoit un nouveau gel du point d’indice des fonctionnaires, comme nous l’expliquions dans notre décryptage du budget 2027.
Le ministre de l’Éducation nationale a rappelé que manifester est une liberté fondamentale. Les absences restent toutefois soumises au règlement intérieur de l’établissement, qu’il vaut mieux consulter, et les blocages ou dégradations peuvent faire l’objet de suites disciplinaires ou judiciaires.
Les fermetures sont décidées au cas par cas par les rectorats ou les régions, en général la veille. Seuls les messages de l’établissement et les annonces du rectorat permettent de le savoir avec certitude.
Lorsque l’établissement est fermé et qu’une continuité pédagogique est organisée, les élèves sont censés suivre les consignes transmises par les enseignants via l’ENT ou Pronote.
Par la plateforme de concertation annoncée par Édouard Geffray, qui devait ouvrir le 5 octobre 2026, et par les conseils de la vie lycéenne et les conseils d’administration extraordinaires que le ministre a demandé de réunir.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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