SMIC à 1500 euros
Le Smic pourrait franchir la barre des 1 500 euros net par mois avant la fin de l’année 2026. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a évoqué ce seuil le vendredi 6 novembre 2026 sur TF1, ainsi que la possibilité d’avancer au 1er décembre la revalorisation prévue au 1er janvier. Rien n’est encore décidé. Le Premier ministre Sébastien Lecornu réunit syndicats et patronat à Matignon le lundi 9 novembre 2026 pour une conférence sociale consacrée aux salaires et au pouvoir d’achat. Montant actuel, scénarios sur la table, positions de chacun et salariés concernés, voici ce que l’on sait avant cette réunion.
Sébastien Lecornu a annoncé cette conférence sociale le jeudi 5 novembre 2026, jour d’une grève interprofessionnelle contre la vie chère. Selon le ministère de l’Intérieur, 575 000 personnes ont manifesté en France ce jour-là. La CGT en a revendiqué près de 1,6 million. Cette journée faisait suite à plusieurs samedis de mobilisation, qui avaient réuni 550 000 personnes le 17 octobre, 410 000 le 24 octobre et 320 000 le 31 octobre selon les chiffres de l’Intérieur.
Le Premier ministre dit vouloir « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ». Il a demandé au ministre du Travail de terminer ses consultations avec les partenaires sociaux avant le dimanche 8 novembre. La réunion du lundi 9 novembre rassemble les organisations syndicales et patronales à Matignon. L’intersyndicale a fait savoir qu’elle déciderait de la suite du mouvement après cette rencontre.
Le Smic a été revalorisé une première fois cette année, le 1er janvier 2026, puis une seconde fois le 1er juin 2026. Depuis cette dernière hausse, ses montants sont les suivants :
Pour atteindre 1 500 euros net, il manque donc 22,07 euros par mois, soit une hausse d’environ 1,5 %. Jean-Pierre Farandou l’a résumé ainsi sur TF1, « On n’y est pas encore, on est à 1 477 ».
En temps normal, le Smic est revalorisé chaque année au 1er janvier. Il augmente aussi automatiquement en cours d’année lorsque l’indice des prix hors tabac des 20 % de ménages aux revenus les plus modestes a progressé d’au moins 2 % depuis la dernière revalorisation. C’est ce mécanisme qui a joué au 1er juin 2026, avec une hausse de 2,41 %.
Le gouvernement étudie aujourd’hui l’idée d’avancer d’un mois la revalorisation de janvier, pour qu’elle s’applique dès le 1er décembre 2026. Jean-Pierre Farandou y voit un signal. « Je trouve que le symbole est important. Ça montre une réaction rapide », a-t-il déclaré sur TF1 le 6 novembre. Il a précisé qu’une décision devait être prise dans le courant de la semaine du 9 novembre pour que les nouveaux montants puissent être intégrés dans les fiches de paie. Il a aussi prévenu que « rien n’est acquis, à ce stade ».
La seule revalorisation automatique ne suffirait pas à atteindre 1 500 euros net. Selon une estimation publiée par Selectra le 1er octobre 2026, si les prix restaient au niveau d’août 2026, le Smic horaire passerait à environ 12,44 euros brut au 1er janvier 2027, soit autour de 1 886,73 euros brut par mois. Le chiffre définitif dépend de l’évolution des prix jusqu’en novembre. D’après les informations rapportées par la presse avant la réunion, cette hausse automatique tournerait autour de 1 %.
Pour franchir le seuil des 1 500 euros, le gouvernement devrait ajouter un coup de pouce, c’est-à-dire une hausse décidée au-delà de ce que prévoit la loi. Le ministre du Travail a indiqué que sur ce point, « rien n’est acquis et tout n’est pas tranché ». Le dernier coup de pouce remonte au 1er juillet 2012. Le Smic avait alors augmenté de 0,6 % en plus des 1,4 % liés à l’évolution des prix.
Selon la presse économique, un décret serait également prêt pour inciter les branches professionnelles à relever leurs salaires minima. Jean-Pierre Farandou parle de rechercher une « convergence » entre le Smic, les minima de branche et les négociations salariales dans les entreprises. Il a aussi mis en garde contre une hausse trop rapide, qui alourdirait selon lui le coût du travail et pourrait peser sur l’emploi ou sur les prix.
Les organisations syndicales arrivent à Matignon avec des demandes chiffrées et nettement supérieures au seuil évoqué par le gouvernement :
Au-delà du Smic, l’intersyndicale demande l’ouverture de négociations salariales dans les entreprises et les branches, des mesures pour l’égalité salariale entre les femmes et les hommes, la revalorisation des pensions de retraite et celle du point d’indice des fonctionnaires. Les syndicats veulent aussi qu’aucune grille de salaire de branche ne puisse rester sous le niveau du Smic.
Côté employeurs, le ton est différent. Le Medef s’oppose à tout coup de pouce. Dans une tribune publiée le 5 novembre 2026 et signée par 73 présidents de fédérations professionnelles, il demande au gouvernement de renoncer à la réduction des allègements de cotisations patronales envisagée par le gouvernement, estimant qu’elle réduirait les marges disponibles pour augmenter les salaires et recruter. Selon la presse économique, les organisations patronales chercheraient à contenir le coup de pouce à 0,5 ou 0,6 point en plus de la revalorisation automatique.
Les petites entreprises mettent en avant le coût réel d’une hausse. L’U2P, qui représente l’artisanat, le commerce de proximité et les professions libérales, demande qu’une revalorisation supérieure à l’inflation ne renchérisse pas le coût du travail. Le Syndicat des indépendants et des TPE (SDI) estime de son côté que 22 euros net supplémentaires pour un salarié coûtent environ 55 euros par mois à l’employeur. Ce chiffrage lui est propre et ne s’applique pas de la même façon à toutes les entreprises.
Au 1er janvier 2026, la revalorisation du Smic a bénéficié à 2,1 millions de salariés du secteur privé non agricole, soit 11,8 % d’entre eux, selon une étude de la Dares, le service statistique du ministère du Travail. Le profil de ces salariés est marqué :
Une hausse du Smic touche aussi des salariés payés un peu au-dessus, lorsque leur convention collective prévoit des minima proches du salaire minimum. Elle a enfin des effets sur les montants calculés à partir du Smic, comme la rémunération des apprentis ou certaines indemnités. Selon la Dares, 2,5 % des salariés relèvent encore d’une branche dont la grille de salaires n’est pas conforme au Smic.
Tant qu’aucun décret n’est publié au Journal officiel, le montant du Smic reste celui fixé au 1er juin 2026. Les salariés concernés n’ont aucune démarche à faire. Une revalorisation s’applique d’office sur la fiche de paie dès sa date d’entrée en vigueur.
Depuis le 1er juin 2026, le Smic s’élève à 12,31 euros brut de l’heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour 35 heures par semaine. Cela représente environ 1 477,93 euros net par mois.
C’est l’objectif évoqué par le ministre du Travail le 6 novembre 2026, mais il n’est pas acté. La décision doit intervenir après la conférence sociale du 9 novembre.
Le gouvernement étudie cette option, qui consisterait à avancer au 1er décembre 2026 la revalorisation normalement prévue au 1er janvier 2027. Elle doit encore être confirmée.
Non. L’employeur doit appliquer le nouveau montant dès son entrée en vigueur. Le salarié peut simplement vérifier son taux horaire sur sa fiche de paie le mois suivant.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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