hausse des taux de crédit immobilier
Les taux de crédit immobilier poursuivent leur remontée en ce début novembre 2026. Selon les baromètres publiés entre le 29 octobre et le 2 novembre par les courtiers Pretto, CAFPI et Meilleurtaux, le taux moyen sur 25 ans se situe désormais entre 3,75 % et 3,85 %, et les ménages aux revenus modestes empruntent déjà au-delà de 4 %. En cause, la hausse du taux d’emprunt de l’État français, qui a dépassé 5 % le 21 octobre pour la première fois depuis 2002. Quels taux sont pratiqués, combien coûte cette hausse et comment préparer son dossier, voici ce qu’il faut savoir.
Les trois principaux baromètres de courtiers convergent vers une hausse d’environ 0,10 point en un mois sur les prêts de 20 et 25 ans. Les écarts entre eux tiennent à la composition de leurs dossiers, aucun ne représente à lui seul l’ensemble du marché.
Les meilleurs profils obtiennent encore mieux. CAFPI cite 3,10 % sur 15 ans et 3,45 % sur 25 ans pour ses dossiers les plus solides. Ces taux s’entendent hors assurance emprunteur.
Le premier moteur est le coût de la dette publique. Le taux de l’OAT à 10 ans, l’obligation de référence de l’État français, a franchi 5 % le 21 octobre 2026, un niveau inédit depuis 2002. Selon CAFPI, qui s’appuie sur les données de l’Agence France Trésor, il a atteint 5,13 % le 22 octobre. Les banques suivent ce taux de près pour fixer le prix de leurs prêts à long terme.
Le second facteur est la politique de la Banque centrale européenne. Après deux relèvements de 0,25 point en juin et en septembre 2026, la BCE a laissé son taux de dépôt à 2,50 % lors de sa réunion du 29 octobre 2026. L’inflation reste au-dessus de son objectif de 2 %, portée notamment par l’énergie. La prochaine réunion est prévue le 17 décembre 2026 et plusieurs économistes n’excluent pas une nouvelle hausse à cette date.
Ces tensions se traduisent dans les grilles des établissements. Le Crédit Mutuel du Sud-Ouest a relevé ses barèmes de 0,25 point le 19 octobre, puis le Crédit Agricole Île-de-France de 0,20 point deux jours plus tard. Selon Meilleurtaux, les barèmes affichés avant négociation dépassent désormais généralement 4 %, et les grandes banques nationales ont davantage augmenté leurs taux que les banques régionales.
La hausse ne frappe pas tous les emprunteurs de la même façon. D’après les dossiers de Pretto, les ménages qui gagnent moins de 40 000 euros par an obtiennent en moyenne 4,07 % sur 25 ans, contre 3,53 % pour ceux qui dépassent 120 000 euros. Les primo-accédants paieraient aussi un peu plus cher que les autres emprunteurs.
Les écarts régionaux sont marqués. Pretto mesure des barèmes allant de 3,51 % en Corse et en Provence-Alpes-Côte d’Azur à 4,05 % dans les Hauts-de-France. Pour Maxime Chipoy, porte-parole de Meilleurtaux, le marché « reste ainsi favorable aux ménages aux revenus confortables ». Les dossiers acceptés sont plus solides qu’au cours de l’été, avec un apport plus important et une épargne résiduelle plus élevée.
Quelques dixièmes de point suffisent à alourdir la facture. Meilleurtaux prend l’exemple d’un prêt de 220 000 euros sur 22 ans. À 3,55 %, la mensualité est d’environ 1 202 euros. À 3,80 %, elle passe à 1 231 euros, soit environ 30 euros de plus par mois et près de 7 700 euros d’intérêts supplémentaires sur la durée du crédit, hors assurance. Par rapport aux taux de la rentrée, le surcoût dépasse 46 euros par mois et 12 200 euros au total, selon le courtier.
Pretto chiffre de son côté qu’un emprunt de 250 000 euros sur 20 ans à 3,76 % revient à environ 1 484 euros par mois, soit 13 euros de plus qu’un mois plus tôt et environ 3 115 euros de surcoût sur l’ensemble du prêt. Pour la même somme sur 25 ans, CAFPI estime la hausse de la mensualité à environ 23 euros.
Pour compenser, les ménages allongent leurs prêts. La durée moyenne dépasse désormais 23 ans, contre 22 ans et un mois au début de l’année 2026, d’après Meilleurtaux. Elle se rapproche du plafond de 25 ans fixé par le Haut Conseil de stabilité financière, qui limite aussi le taux d’effort à 35 % des revenus, assurance comprise.
Le taux d’usure est le taux maximal, frais et assurance compris, auquel une banque peut prêter. Calculé chaque trimestre par la Banque de France, il est fixé depuis le 1er octobre 2026 et jusqu’au 31 décembre 2026 à :
Ce plafond laisse encore de la marge pour la majorité des emprunteurs, mais il commence à poser problème sur les petits montants. Les frais fixes, comme les frais de dossier ou de courtage, pèsent davantage dans le taux annuel effectif global quand la somme empruntée est faible. Meilleurtaux signale des dossiers bloqués pour cette raison, surtout dans le nord et l’est de la France. Pretto note aussi que les emprunteurs de plus de 40 ans, dont l’assurance coûte plus cher, se rapprochent du seuil. Le prochain taux d’usure sera publié pour une application au 1er janvier 2027.
Les courtiers s’accordent sur plusieurs leviers concrets.
Les mesures en discussion dans le projet de loi de finances pour 2027, comme un prêt à taux zéro destiné aux jeunes parents, ne sont pas adoptées à ce jour. Elles ne doivent pas être intégrées dans un plan de financement tant que le budget n’est pas définitivement voté. Pour suivre l’avancée de ce texte, notre article sur le budget 2027 et ce qui pourrait changer pour vos impôts et vos aides fait le point sur ses principales mesures.
Le coût du logement ne se limite pas au crédit. Les autres évolutions du mois, comme le prix du gaz ou la trêve hivernale, sont détaillées dans notre article sur ce qui change le 1er novembre 2026. Les acheteurs qui visent un logement ancien ont aussi intérêt à intégrer le budget des travaux énergétiques, abordé dans notre dossier sur les enjeux de la rénovation énergétique et du marché immobilier.
Plusieurs courtiers évoquent un taux moyen pouvant atteindre 4 % sur 25 ans d’ici la fin de l’année 2026. Cette trajectoire dépendra de l’évolution du taux d’emprunt de l’État, des débats budgétaires en cours et de la décision de la BCE le 17 décembre. Pierre Chapon, de Pretto, souligne que les banques ont jusqu’ici privilégié leurs volumes de prêts plutôt que leurs marges, une stratégie qui pourrait devenir plus difficile à tenir si les taux obligataires poursuivent leur hausse.
Il se situe entre 3,61 % et 3,76 % hors assurance selon les courtiers, soit 3,61 % chez CAFPI, 3,70 % chez Meilleurtaux et 3,76 % chez Pretto.
Oui pour une partie des emprunteurs. Les ménages qui gagnent moins de 40 000 euros par an empruntent en moyenne à 4,07 % sur 25 ans d’après Pretto, et les barèmes de nombreuses banques dépassent 4 % avant négociation selon Meilleurtaux.
Il est de 5,40 % pour les prêts à taux fixe de 20 ans et plus, du 1er octobre au 31 décembre 2026, selon la Banque de France. Ce taux inclut les frais et l’assurance.
Aucun signal de baisse n’apparaît à court terme dans les prévisions des courtiers, qui anticipent plutôt une poursuite de la hausse jusqu’à la fin de l’année 2026. Le bon moment dépend surtout du projet, du prix du bien et de la capacité d’emprunt de chaque ménage.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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