Ouverture de CERES radiochirurgie, premier centre de radiochirurgie ZAP X du grand est
Le Centre d’expertise en radiochirurgie de l’Est (CERES) a traité son premier patient le 29 septembre 2026 à Bezannes, aux portes de Reims. Fruit d’un partenariat entre le CHU de Reims, le centre ICONE et le groupe ELSAN, il est équipé du ZAP-X, un système de radiochirurgie intracrânienne de nouvelle génération. Le centre le présente comme la quatrième plateforme de ce type installée en France et la première hors Île-de-France. Tumeurs cérébrales, névralgie du trijumeau, malformations vasculaires, voici ce que ce nouveau centre change pour les patients du Grand Est, comment il fonctionne et qui peut y être pris en charge.
Le CERES a officiellement lancé son activité avec le traitement d’un premier patient le 29 septembre 2026, une étape annoncée par communiqué le 12 octobre. Ce patient était atteint d’une névralgie du trijumeau, une affection qui provoque des douleurs faciales intenses. Le traitement a été conduit par le Pr Claude-Fabien Litré, neurochirurgien et chef du service de neurosciences, tête et cou et douleur au CHU de Reims.
« L’accueil du premier patient constitue une étape particulièrement importante », a souligné le Pr Litré. Le Dr Philippe Colin, oncologue radiothérapeute et président de la SELAS ICONE, explique de son côté vouloir offrir aux patients l’accès aux traitements les plus innovants dans un « cadre sécurisé, coordonné et humain ».
Le centre est installé au 101 avenue François Jacob, à Bezannes, sur le site du centre de radiothérapie ICONE. À terme, il prévoit de traiter plusieurs centaines de patients chaque année, venus de tout le nord-est de la France.
Le CERES réunit un établissement public et deux acteurs privés. Le projet avait été rendu possible par un groupement de coopération sanitaire entre le CHU de Reims et le centre de radiothérapie ICONE, selon la revue spécialisée Thema Radiologie, qui évoquait en octobre 2025 un investissement de plus de 8 millions d’euros en équipement et en immobilier. Les travaux avaient débuté le 1er septembre 2025, avec un premier patient alors attendu en août 2026.
Huit médecins spécialistes composent l’équipe médicale. Six neurochirurgiens viennent du CHU de Reims, le Pr Claude-Fabien Litré et les Drs Arnaud Bazin, Christophe Eap, Jean-Charles Kleiber, Benoit Marlier et Étienne Theret. Deux oncologues radiothérapeutes viennent du centre ICONE, les Drs Philippe Colin et Oriane Marques. Ils travaillent avec des physiciens médicaux et des manipulateurs en électroradiologie.
Malgré son nom, la radiochirurgie n’implique aucune ouverture du crâne. Elle consiste à concentrer avec une très grande précision de nombreux faisceaux de rayons sur une cible située dans le cerveau, une tumeur ou une malformation par exemple, tout en épargnant au maximum les tissus sains qui l’entourent. Le traitement se déroule le plus souvent en une seule séance.
Cette technique se distingue de la radiothérapie classique, qui délivre généralement la dose en plusieurs séances étalées sur plusieurs semaines. Pour mieux comprendre ce traitement plus courant, consultez notre article sur la radiothérapie dans le traitement du cancer.
Développé par la société américaine ZAP Surgical Systems, le ZAP-X repose sur un système gyroscopique qui permet de délivrer les faisceaux selon une multitude d’angles autour de la tête du patient. Selon le centre, sa précision est submillimétrique. Le ciblage s’appuie sur la fusion d’images d’IRM et de scanner haute résolution.
Le système présente plusieurs particularités par rapport aux équipements de radiochirurgie plus anciens :
Avant Bezannes, cet équipement n’était disponible qu’en région parisienne. Le Centre de cancérologie de la Porte de Saint-Cloud, à Boulogne-Billancourt, a été le premier en France à le proposer, selon le fabricant. L’hôpital Lariboisière AP-HP a reçu son premier patient le 4 juin 2025, dans le cadre d’un partenariat avec ELSAN, et l’Institut Gustave Roussy, à Villejuif, devait traiter ses premiers patients début 2026.
Pour les patients de la Marne, des Ardennes, de l’Aube et plus largement du Grand Est, l’ouverture du CERES évite donc un déplacement jusqu’à Paris pour accéder à cette technique. Les habitants de la région qui suivent déjà un traitement par rayons peuvent aussi consulter notre article sur le centre de radiothérapie de Metz.
Le centre annonce douze indications réparties en quatre familles. La décision de traiter reste toujours prise au cas par cas par l’équipe médicale, selon la situation clinique de chaque patient et les recommandations en vigueur.
Le CERES précise vouloir développer progressivement son activité dans les pathologies fonctionnelles et vasculaires.
L’accès au centre passe obligatoirement par un médecin. Il n’est pas possible de prendre rendez-vous en ligne. Le parcours décrit par le CERES suit plusieurs étapes.
Le traitement se fait en ambulatoire, mais une nuit de surveillance en neurochirurgie au CHU de Reims peut être nécessaire pour certaines pathologies. Elle est alors annoncée au patient dans sa convocation.
Les neurochirurgiens et radiothérapeutes du CERES exercent en secteur 1, c’est-à-dire sans dépassement d’honoraires. Le traitement est pris en charge par l’Assurance maladie, sans reste à charge spécifique selon le centre. Le transport en VSL, en taxi conventionné ou en ambulance peut être remboursé sur prescription médicale. L’hébergement éventuel des patients venant de loin reste en revanche à leur charge.
Pour toute information sur le parcours ou les indications, les patients et leurs médecins peuvent se rendre sur le site de la radiochirurgie CERES ou joindre le standard du centre au 03 26 49 32 60, du lundi au vendredi.
Le centre est situé au 101 avenue François Jacob, à Bezannes (51430), dans l’agglomération de Reims, sur le site du centre de radiothérapie ICONE.
Non. Le dossier doit être adressé par un médecin spécialiste ou par le médecin qui suit le patient. Les rendez-vous se prennent ensuite par téléphone, pas en ligne.
Non. Avec le ZAP-X, le traitement se fait sans anesthésie générale et sans incision. Une prémédication peut être proposée sur prescription aux patients anxieux.
Oui. Selon le centre, le traitement est pris en charge par l’Assurance maladie et les médecins exercent en secteur 1, sans dépassement d’honoraires.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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