Fin de parcoursup en 2028
Le lundi 26 octobre 2026, le gouvernement de Sébastien Lecornu a répondu à cinq semaines de mobilisation lycéenne par une série d’engagements. Parcoursup sera modifié dès la campagne 2027 puis remplacé par un nouveau dispositif pour la campagne 2028. Les classes de seconde seront plafonnées à 28 élèves, les 836 suppressions de postes prévues dans les lycées et collèges publics sont annulées et les bourses étudiantes seront indexées sur l’inflation. Ce qui change pour les élèves de terminale qui formuleront leurs vœux en janvier 2027, ce qui attend les élèves de seconde et de première, le calendrier annoncé et les réactions des organisations lycéennes et étudiantes, voici ce que l’on sait.
Les mesures ont été présentées lors d’une conférence de presse par Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, après que les organisations lycéennes et étudiantes ont été reçues à Matignon par le Premier ministre. Le ministère de l’Éducation nationale a publié le même jour un communiqué qui détaille les engagements du gouvernement.
Ces annonces s’appuient sur la consultation nationale lycéenne ouverte le 5 octobre 2026 sur la plateforme Agora. Selon le ministère, elle a recueilli plus de 100 000 contributions. L’agence Anadolu précise que ces réponses sont venues de 3 000 des 3 700 lycées du pays. Le même jour, depuis Marseille, le président de la République avait jugé « légitimes » les demandes des lycéens, rapporte LCP.
L’abrogation de Parcoursup figurait parmi les principales revendications du mouvement, avec l’annulation des suppressions de postes et la baisse de la pression scolaire. Le gouvernement a écarté une suppression immédiate de la plateforme au profit d’un remplacement en deux temps. Sébastien Lecornu a justifié ce choix par la volonté de ne pas déstabiliser les candidats déjà engagés dans la procédure. « Ma seule crainte serait de provoquer un grand mouvement et de faire naître une nouvelle angoisse dans le pays », a-t-il déclaré au média Thotis.
Les lycéens actuellement en terminale passeront bien par Parcoursup pour leurs vœux d’orientation. La plateforme est maintenue pour la campagne 2027, mais avec plusieurs changements annoncés par le gouvernement.
La lettre de motivation doit aussi changer de statut. Selon Philippe Baptiste, cité par L’Express Éducation et Thotis, elle deviendra l’exception, et une formation qui continuera à en exiger une devra le justifier. L’Express Éducation évoque également un site simplifié, avec un simulateur d’admission proposé au moment de formuler un vœu, et la création d’une commission de transparence associant des lycéens dans chaque académie. Ces deux derniers points ne figurent pas dans le communiqué du ministère et leurs modalités restent à préciser.
Le calendrier de la campagne 2027, publié par Parcoursup en octobre 2026 avant ces annonces, prévoit les étapes suivantes :
Selon L’Express Éducation, près d’un million de jeunes sont concernés par la campagne 2027, et les formations doivent paramétrer leurs critères dans les semaines qui viennent.
Le futur dispositif n’a pas encore de nom ni de fonctionnement arrêté. Un comité de réforme réunissant des lycéens et des enseignants, aux côtés des ministres, doit le concevoir. Le ministère attend ses premières recommandations d’ici la fin du mois de novembre 2026. Un nouveau système, présenté comme plus simple, entrera en vigueur pour la campagne 2028.
Plusieurs pistes sont à l’étude selon le ministère, notamment une révision de la place du contrôle continu dans l’admission et un outil d’orientation enrichi par l’intelligence artificielle, qui s’appuierait sur les résultats des campagnes précédentes. La suppression de la mention du lycée d’origine dans les dossiers est également évoquée pour 2028. LCP la présente comme une mesure possible et le CIDJ parle d’une ouverture vers l’anonymisation des lycées d’origine, sans décision définitive à ce stade.
Le calendrier exact fait encore l’objet de nuances. LCP relève qu’Édouard Geffray a évoqué un Parcoursup « transformé cette année et remplacé l’année prochaine », tandis que Philippe Baptiste a parlé d’une « évolution forte dès cette année » et d’un « nouvel outil en 2028 ». Certains paramètres ne peuvent être modifiés que par la loi. Selon L’Express Éducation, un projet de loi doit être présenté en Conseil des ministres cet hiver, et Philippe Baptiste a reconnu que son adoption avant la fin du quinquennat restait incertaine.
Les élèves aujourd’hui en première, qui formuleront leurs vœux au début de l’année 2028, devraient donc être les premiers concernés par le nouveau dispositif, sous réserve que le calendrier annoncé soit tenu.
Le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a annoncé le 26 octobre un débat consacré à « l’avenir du processus d’orientation et d’affectation des lycéens dans l’enseignement supérieur ». Selon LCP, il doit se tenir le mercredi 28 octobre 2026 à 17 heures à l’Assemblée nationale, ses modalités devant être précisées par la Conférence des présidents.
Il s’agit d’un débat organisé au titre de l’article 50-1 de la Constitution, qui ne donne pas lieu à un vote obligatoire. Le gouvernement peut décider d’en organiser un, sans engager sa responsabilité. Ce débat doit permettre de préciser le calendrier et d’entendre les positions des groupes politiques, qui vont de la suppression pure et simple de Parcoursup à une réforme centrée sur la transparence ou sur l’accompagnement des candidats.
Les classes de seconde générale et technologique seront plafonnées à 28 élèves en deux étapes :
Les groupes les plus chargés en première et en terminale, notamment en enseignements de spécialité, verront aussi leurs effectifs baisser, sans qu’un plafond chiffré ait été annoncé.
Sur les moyens, le gouvernement annule les suppressions de postes prévues dans le second degré public, soit 836 postes selon Édouard Geffray, et crée 500 postes d’enseignants supplémentaires destinés aux lycées. Ces deux mesures doivent passer par un amendement au projet de loi de finances pour 2027, encore en discussion au Parlement.
Pour les remplacements, le ministère indique que le nombre de lycées les plus touchés par l’absence de professeurs est passé de 114 à 21 avant les vacances de la Toussaint. Il prévoit 920 recrutements de contractuels, dont plus de la moitié ont déjà été réalisés, et une enveloppe moyenne de 90 heures supplémentaires par lycée pour les remplacements de courte durée.
Le quotidien des élèves est aussi concerné. Une pause déjeuner d’au moins une heure sera garantie à partir de la rentrée 2027, et un travail doit s’ouvrir sur des journées moins longues et moins morcelées. Le ministère annonce enfin 500 postes de psychologues, d’infirmiers et d’assistants sociaux à partir de 2027.
Un groupe de travail va examiner le poids des notes de première dans le baccalauréat et dans l’admission dans l’enseignement supérieur. Il doit aussi se pencher sur l’organisation de certains enseignements, dont l’enseignement scientifique. Selon l’agence Anadolu, ce chantier associe lycéens et syndicats et doit aboutir au plus tard début 2027, pour des mesures applicables à la rentrée suivante. L’Express Éducation rapporte qu’Édouard Geffray est favorable à une évolution du contrôle continu en première.
Les combinaisons de spécialités en première et en terminale seront discutées dans le cadre de la concertation. Le CIDJ souligne qu’aucune décision n’est prise à ce stade, et les élèves actuellement en première conservent donc les règles en vigueur pour leur baccalauréat.
Pour les étudiants, les bourses sur critères sociaux seront indexées sur l’inflation, de même que les plafonds de ressources qui permettent d’y accéder. Selon le ministère, cela représente 37 millions d’euros supplémentaires pour les boursiers à la rentrée 2027 par rapport à 2026, 121 millions en 2028 et 220 millions en 2029.
Le gouvernement prévoit 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur entre 2027 et 2028, en priorité dans les territoires les plus demandés et d’abord en Île-de-France. Le détail est le suivant :
Ces places visent en particulier les bacheliers technologiques et professionnels. Côté bâtiments, l’enveloppe de prêts ÉduRénov destinée à la rénovation des lycées atteindra 4 milliards d’euros d’ici 2030 et sera ouverte aux départements pour les collèges et aux communes pour les écoles. Il s’agit de prêts à taux bonifiés, et non de subventions, ce qui suppose que les collectivités empruntent pour financer les travaux. L’État s’engage aussi à consacrer 1 milliard d’euros d’ici 2029 à une cinquantaine de projets de rénovation de campus universitaires, dont plus de 200 millions pour des premiers travaux engagés ou terminés d’ici l’été 2027.
Les réactions sont partagées. Louis Letoublon, vice-président de l’organisation Les Lycéens !, a estimé sur BFMTV que « tout n’est pas encore satisfait et nous irons au bout », selon LCP. Nathanaël Combary, président du Renouveau lycéen, a salué des « annonces qui vont dans notre sens », tout en attendant des résultats concrets dans les établissements.
L’Union étudiante juge les annonces insuffisantes. Elle estime que l’indexation des bourses « aurait dû être faite depuis 10 ans », réclame une hausse de 200 euros et considère qu’il manque « au moins 250 000 » places dans le supérieur. Elle rejette une réforme de Parcoursup centrée sur la transparence et demande la fin de la sélection, tout en conservant une plateforme centralisée, rapporte l’agence Anadolu. De son côté, France Universités avait mis en garde le 25 octobre contre une disparition précipitée de la plateforme, qui risquerait selon elle de pénaliser les bacheliers de juillet 2027.
Deux nouvelles journées de mobilisation sont annoncées, le samedi 31 octobre 2026 et le jeudi 5 novembre 2026. Cette seconde date coïncide avec la journée nationale de grève interprofessionnelle, dont nous détaillons les conséquences pour les écoles et les transports dans notre article sur la grève du 5 novembre 2026.
Pour suivre les informations transmises par l’établissement sur ces changements, notre guide complet de Pronote explique comment retrouver les messages du lycée.
Non. La campagne 2027 se déroule bien sur Parcoursup, avec des critères publiés, des refus expliqués et une lettre de motivation qui devient l’exception. Les vœux se formulent du 18 janvier au 11 mars 2027.
Le gouvernement annonce un nouveau dispositif pour la campagne 2028. Son fonctionnement dépend des recommandations du comité de réforme, attendues fin novembre 2026, du débat parlementaire et, si nécessaire, d’une loi.
Pas forcément dès cette année. Le plafond s’applique à la rentrée 2027 dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis dans tous les lycées à la rentrée 2028.
Elles seront indexées sur l’inflation à partir de la rentrée 2027, comme les plafonds de ressources. Le montant exact de la hausse dépendra de l’inflation constatée.
Pour retrouver les étapes précédentes du mouvement, consultez notre article sur la grève du 6 octobre et les blocages des lycées et celui sur les temps lycéens et la consultation Agora. Les arbitrages budgétaires dont dépendent plusieurs mesures sont détaillés dans notre décryptage du budget 2027.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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