Comment préparer et bien choisir sa randonnée en France
La bonne nouvelle, notamment lors des grandes vacances en France, c’est que la très grande majorité de ces situations s’évite avec quelques réflexes simples à prendre avant de partir. La Fédération Française de Randonnée Pédestre, la FFRandonnée, a justement mis en place un système de cotation des itinéraires qui permet à chacun d’évaluer objectivement ce qui l’attend. Le comprendre, c’est déjà faire la moitié du chemin.
Voici comment lire une fiche de randonnée, choisir un itinéraire adapté à son niveau réel, et préparer sa sortie pour qu’elle se passe bien.
Pendant longtemps, la difficulté d’une randonnée était évaluée de façon subjective, chaque guide ou site proposant sa propre échelle. Il n’y avait pas de référence en la matière, ce qui générait des erreurs d’appréciation et parfois des choix d’itinéraires aux conséquences fâcheuses, notamment pour les débutants. La FFRandonnée et son partenaire IBP Index ont donc développé un système de cotation harmonisé reposant sur trois critères distincts.
Le premier critère est l’effort, c’est-à-dire la difficulté physique liée à la distance, au dénivelé positif et négatif, et aux pourcentages de pente. C’est l’indicateur le plus intuitif, celui auquel on pense spontanément quand on évalue une randonnée.
Le deuxième critère est la technicité, qui correspond à la nature du terrain et aux obstacles rencontrés. Un sentier peut être court et peu dénivelé mais traverser des passages rocheux, des éboulis ou des zones qui nécessitent de mettre les mains pour progresser. Ce critère est indépendant de l’effort physique.
Le troisième critère est le risque, c’est-à-dire la gravité potentielle d’une chute ou d’un glissé sur cet itinéraire. Un sentier en forêt avec un dénivelé modéré peut avoir un risque faible même si la pente est soutenue, tandis qu’un passage en arête exposée peut avoir un risque élevé avec peu de dénivelé.
Pour chacun de ces trois critères, il existe cinq niveaux de difficulté, représentés par les couleurs vert, bleu, orange, rouge et noir. Idéalement, une fiche de randonnée bien renseignée affiche les trois cotations séparément, ce qui permet de comprendre précisément ce qui attend le randonneur. Un itinéraire peut être coté vert en effort mais orange en technicité : physiquement accessible, mais techniquement exigeant.
Pour se repérer concrètement, voici ce que ces niveaux signifient dans la réalité du terrain, tels que définis par la FFRandonnée et son guide de cotation officiel.
Le niveau 1 (vert) correspond à un itinéraire sans obstacle particulier, sur terrain plat ou peu pentu. La pose du pied s’effectue à plat. Les blessures possibles sont bénignes. C’est la promenade familiale du dimanche, accessible à tous sans condition physique particulière.
Le niveau 2 (bleu) correspond à une petite randonnée avec peu d’obstacles ne dépassant pas la hauteur de la cheville. Le risque d’accident est faible. C’est le niveau adapté aux débutants qui souhaitent commencer à randonner régulièrement.
Le niveau 3 (orange) nécessite un engagement physique mesuré avec au moins un obstacle ne dépassant pas la hauteur du genou. Le risque est identifié sur certaines parties du parcours mais reste limité. Ce niveau suppose une certaine habitude de la marche en terrain varié.
Le niveau 4 (rouge) implique un engagement physique soutenu, un terrain irrégulier qui rend l’usage de bâtons nécessaire, et des obstacles pouvant aller jusqu’à la hauteur de la hanche. Le risque de blessures graves est assez élevé, et certaines douleurs persistantes peuvent nécessiter des remèdes de grand-mère pour soigner la cruralgie. Ce niveau s’adresse à des randonneurs expérimentés.
Le niveau 5 (noir) est réservé aux sorties très difficiles, où une chute peut engendrer des blessures fatales. Il peut impliquer des passages d’escalade facile, un terrain exposé ou la traversée de névés. Ce niveau s’apparente au début de l’alpinisme.
Un point important que beaucoup négligent : la distance et le dénivelé ne suffisent pas à évaluer une randonnée. Un PR peut être court, mais raide. Un GR peut être bien balisé, mais demander une vraie organisation. Un GR de Pays peut sembler plus accessible, tout en cumulant dénivelé, météo changeante et étapes longues.
En France, la FFRandonnée entretient un réseau de près de 115 000 km de sentiers de Grande Randonnée, auxquels s’ajoutent environ 112 000 km d’itinéraires de Promenade et Randonnée, soit 227 000 kilomètres reconnus et entretenus par près de 9 500 baliseurs bénévoles.
Ce réseau est organisé en trois grandes familles. Les GR, chemins de Grande Randonnée, sont balisés en blanc et rouge. Les GR de Pays sont balisés en jaune et rouge. Les PR, sentiers de Promenade et Randonnée, sont balisés en jaune.
La lecture des balises sur le terrain obéit à un code universel. Un trait unique pour les PR ou deux traits parallèles pour les GR et GRP signifient que vous êtes dans la bonne direction. Une croix de la couleur du sentier signifie demi-tour, vous êtes hors sentier. Un angle ou un virage peint annonce un changement de direction imminent. Les balises sont apposées toutes les 150 mètres environ. Si vous n’en voyez aucune depuis un moment, c’est un signal d’alerte : il faut s’arrêter et vérifier sa position avant de continuer.
La règle la plus importante est aussi la plus simple : ne partez jamais sans avoir vérifié la météo du jour. En montagne, les conditions peuvent basculer très rapidement, et un orage estival qui semble lointain au départ peut atteindre le col en moins d’une heure. Météo-France publie des bulletins montagne spécifiques par massif, consultables gratuitement sur son site et son application. En cas de doute sérieux sur les conditions, le bon réflexe est de remettre la sortie à une autre journée, sans compromis.
Avant de partir, il est fortement recommandé de laisser à un proche votre itinéraire détaillé et l’heure approximative de votre retour prévu. Si vous partez seul, pensez à prévenir un proche de votre sortie et de votre itinéraire. Cette précaution simple permet aux secours d’intervenir rapidement et avec les bonnes informations si vous ne donnez plus signe de vie.
Sur le plan de l’équipement, les priorités sont les chaussures de marche montantes avec une bonne accroche, l’eau en quantité suffisante (au minimum un litre par heure de marche en été), une couche imperméable même par beau temps, de la nourriture pour tenir sur la durée prévue, et une couverture de survie qui ne pèse rien mais peut tout changer en cas d’immobilisation imprévue. Un téléphone chargé avec votre itinéraire téléchargé en mode hors ligne est aujourd’hui indispensable, les applications comme Komoot ou Visorando permettant de suivre sa position sur la trace, voire d’utiliser un podomètre intégré, même sans réseau.
Si vous ou un membre de votre groupe êtes en difficulté sur un sentier, le numéro à composer est le 112. Il fonctionne même avec une couverture réseau faible, en utilisant n’importe quel opérateur disponible. Si vous ne pouvez pas parler, le 114 permet d’envoyer un SMS d’alerte aux secours.
Lors de l’appel, communiquez le maximum d’informations : votre position GPS si votre téléphone peut vous la donner, le nom du sentier ou du massif, le nom de la commune la plus proche, la nature du problème et l’état de la personne en difficulté. Le PGHM, Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne, intervient dans toutes les situations d’urgence en altitude en France.
En attendant les secours, protégez la personne du froid et du vent, ne la déplacez pas inutiitement, et restez visible. Si vous êtes perdu et sans réseau, restez sur place, économisez votre énergie et attendez que votre absence soit signalée par les proches que vous avez prévenus avant le départ.
Le site visorando.com et l'application de la FFRandonnée référencent des milliers d'itinéraires avec leurs cotations, leurs traces GPS téléchargeables et les avis d'autres randonneurs. Les offices de tourisme locaux et les comités départementaux de randonnée sont également d'excellentes sources pour des itinéraires vérifiés et à jour.
Pas obligatoirement pour les niveaux 1 et 2, mais ils deviennent utiles dès le niveau 3, notamment pour les descentes et les terrains instables. Ils réduisent significativement la fatigue musculaire sur les longues sorties et améliorent l'équilibre sur terrain irrégulier. Si vous envisagez de randonner régulièrement, c'est un investissement qui vaut rapidement.
Le dénivelé positif est le cumul de tous les mètres montés sur l'ensemble du parcours. Le dénivelé négatif est le cumul de tous les mètres descendus. Sur une boucle, les deux sont généralement équivalents. C'est cet indicateur, plus que la distance, qui donne une idée fiable de la fatigue physique attendue. En règle générale, on estime qu'un marcheur en bonne forme monte environ 300 mètres de dénivelé positif par heure.
Oui, à condition de choisir un itinéraire adapté à son niveau, de prévenir un proche avant le départ avec son itinéraire et son heure de retour prévue, et d'emporter les équipements de sécurité de base. Sur les itinéraires cotés rouge ou noir, la présence d'au moins une autre personne est fortement recommandée.
Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.