Divorce à l’amiable, combien ça coûte vraiment ?
Le divorce par consentement mutuel sans juge, instauré par la réforme de 2017, est souvent présenté comme la solution la plus simple et la moins coûteuse pour mettre fin à un mariage d’un commun accord. Et c’est globalement vrai. Mais les frais réels d’un divorce amiable peuvent varier considérablement selon la situation du couple, le choix des avocats et la complexité du patrimoine à partager. Avant de se lancer, il vaut mieux avoir une idée claire de ce que cela représente vraiment.
Le divorce par consentement mutuel, de quoi parle-t-on
Depuis le 1er janvier 2017, les époux qui souhaitent divorcer d’un commun accord peuvent le faire sans passer devant un juge de proximité. La convention de divorce est rédigée par les deux avocats des époux, signée par les deux parties, puis déposée chez un notaire qui lui confère force exécutoire en l’enregistrant au rang de ses minutes.
Cette procédure ne s’applique pas dans tous les cas. Si un enfant mineur demande à être entendu par le juge, la procédure bascule automatiquement vers le divorce par consentement mutuel judiciaire, qui implique le passage devant le tribunal. De même, si l’un des époux est placé sous tutelle ou curatelle, la voie extrajudiciaire n’est pas accessible.
Les honoraires des avocats, le principal poste de dépense
Dans un divorce amiable, chaque époux doit obligatoirement être représenté par son propre avocat. Il n’est pas possible de partager le même professionnel. Ce sont les honoraires des deux avocats qui constituent le poste de dépense le plus important.
Les tarifs pratiqués varient très fortement selon la localisation géographique et la réputation du cabinet. À Paris ou dans les grandes villes, les honoraires peuvent aller de 1 200 à 3 000 euros par avocat, voire davantage pour des situations patrimoniales complexes. En province, les fourchettes sont souvent plus basses, avec des honoraires qui débutent autour de 800 à 1 500 euros par avocat.
Au total, un couple peut donc s’attendre à régler entre 1 600 et 6 000 euros d’honoraires d’avocats pour un divorce amiable standard. Certains cabinets proposent des forfaits tout compris, d’autres facturent au temps passé. Il est conseillé de demander une convention d’honoraires précise avant toute signature.
Les frais de notaire
Le notaire intervient à la fin de la procédure pour enregistrer la convention de divorce et formaliser les frais de notaire associés. Ses émoluments sont fixés par un tarif réglementé, ce qui les rend plus prévisibles que les honoraires d’avocats.
Pour le simple dépôt de la convention au rang des minutes, les frais notariaux sont d’environ 50 euros. Ce montant est fixe et peu susceptible de variation.
En revanche, si le divorce implique le partage d’un bien immobilier, les frais notariaux augmentent sensiblement. La liquidation du régime matrimonial, lorsqu’elle est formalisée dans un acte de partage, donne lieu à des émoluments calculés sur la valeur des biens partagés. Sur une propriété valant 300 000 euros, les frais de notaire liés au partage peuvent atteindre plusieurs milliers d’euros, auxquels s’ajoute un droit de partage fixé à 2,5 % de la valeur nette des biens.
Le cas du bien immobilier commun
C’est souvent le point le plus complexe et le plus coûteux d’un divorce. Lorsque les époux sont propriétaires d’un bien en commun, ils doivent décider de son sort dans la convention de divorce. Plusieurs options sont envisageables.
Ils peuvent vendre le bien et se partager le produit de la vente. Dans ce cas, les frais d’agence et les frais notariaux liés à la vente s’ajoutent aux frais du divorce. Ils peuvent aussi décider que l’un des deux époux rachète la part de l’autre, ce qu’on appelle une soulte. Cette opération nécessite en général un refinancement du crédit immobilier, avec les frais associés, et le paiement du droit de partage de 2,5 %.
Enfin, ils peuvent décider de conserver le bien en indivision après le divorce, le temps de trouver une solution définitive. Cette option peut sembler simple à court terme mais elle génère souvent des complications relationnelles et juridiques par la suite.
Les aides possibles pour réduire les frais
Les personnes dont les revenus sont insuffisants pour couvrir les honoraires d’avocat peuvent bénéficier de l’aide juridictionnelle. Cette aide de l’État prend en charge tout ou partie des honoraires, selon un barème fondé sur les ressources du demandeur. Pour y accéder, il faut déposer un dossier auprès du bureau d’aide juridictionnelle du tribunal judiciaire de son domicile.
Il faut noter que l’aide juridictionnelle couvre les honoraires de l’avocat de la personne qui en bénéficie, et non ceux de l’autre époux. Si les deux conjoints sont éligibles, chacun peut faire une demande séparée.
Par ailleurs, certains contrats de protection juridique, souvent inclus dans les assurances habitation ou auto, peuvent prévoir une prise en charge partielle des frais d’avocat en matière de droit de la famille. Il vaut la peine de vérifier les garanties de ses contrats d’assurance avant d’engager des frais.
Combien de temps dure la procédure
Le divorce amiable sans juge est réputé rapide. En pratique, une fois que les époux se sont mis d’accord sur toutes les modalités, la rédaction de la convention et les échanges entre avocats prennent généralement entre un et trois mois. La loi impose un délai de réflexion de quinze jours entre la réception du projet de convention et la signature définitive.
Si des biens immobiliers sont en jeu ou si la situation patrimoniale est complexe, la procédure peut prendre plus de temps, notamment en raison des échanges avec le notaire et des délais liés aux éventuelles opérations de partage.

Caroline, rédactrice en chef d’Actualité France.
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